Nouvelle ligne de production, automatisation, décarbonation, relocalisation : les PME industrielles investissent lourdement, et financent encore l’essentiel sur fonds propres et à crédit. Pourtant, entre subventions industrielles, crédits d’impôt et IP Box, 30 à 60 % d’un projet CAPEX peuvent être couverts par des fonds publics non dilutifs. À condition de s’y prendre tôt et de savoir combiner les dispositifs.
C’est tout l’objet du Capex et Financement, déployé par EIF Innovation. Fabian Venanchias, associé d’EIF Innovation, accompagne des PME et ETI industrielles dans la structuration et le financement de leurs projets d’investissement, de l’audit initial jusqu’au versement des fonds. Il explique pourquoi tant d’industriels passent à côté des aides, quels investissements sont finançables et comment une projection financière dès l’audit change la façon d’arbitrer un investissement.
Pourquoi les PME industrielles passent-elles encore à côté des aides publiques ?
D’abord parce qu’elles ne se reconnaissent pas dedans. Pour beaucoup de dirigeants, les aides publiques, c’est pour les startups ou les laboratoires. Une PME qui installe une nouvelle ligne de production ou automatise un atelier ne se voit pas comme innovante. Pourtant, ces projets contiennent presque toujours des enjeux techniques finançables : automatisation, énergie, process. Et les subventions industrielles, elles, ne demandent même pas de R&D.
Ensuite, le timing. La plupart des subventions doivent être demandées avant tout engagement de dépense : avant le devis signé, avant la commande de la machine. Beaucoup d’entreprises nous appellent quand le projet est déjà lancé. À ce moment-là, une partie des dispositifs est perdue.
Enfin, c’est chronophage. Identifier les guichets, comprendre les critères, monter les dossiers, dialoguer avec l’ADEME, la Région ou France 2030 : une direction de PME n’a pas ce temps-là.
C’est pour ça que nous voulons intervenir en amont, idéalement 12 à 24 mois avant l’investissement. C’est la seule façon de produire une projection des aides mobilisables et de l’intégrer au plan de financement avant que les arbitrages soient faits.
Quels types d'investissements CAPEX peuvent bénéficier de financements non dilutifs ?
Trois grandes familles.
La modernisation et l’automatisation de l’outil industriel : nouvelle ligne, robotisation, usine 4.0, relocalisation.
Les projets à dimension environnementale : efficacité énergétique, décarbonation, rénovation énergétique des sites. C’est aujourd’hui l’axe le mieux doté, notamment via l’ADEME et France 2030.
Les projets à dimension technologique : nouveau procédé, intégration de technologies dans la production, développement ou commercialisation de logiciels.
Le point clé, c’est qu’un même investissement cumule souvent plusieurs leviers. Prenez un projet industriel de 5 M€ : on peut mobiliser 400 k€ à 1,5 M€ de subventions industrielles, 200 k€ à 700 k€ de CIR et CII sur l’ingénierie et la R&D associées, et une imposition réduite à 10 % sur les revenus de propriété intellectuelle avec l’IP Box. Au total, 500 k€ à 2,7 M€ mobilisables, jusqu’à 60 % du projet. C’est exactement ce que fait le Programme Transformation.
Qu'est-ce qui distingue concrètement l'approche EIF d'un cabinet qui se contente de monter des dossiers ?
Trois choses.
Le moment : Un cabinet classique constate une R&D déjà faite et la valorise a posteriori. Nous intervenons au moment où l’investissement est arbitré, pour construire le programme avec le client plutôt que de le découvrir après coup. Dès l’audit initial, nous modélisons le potentiel d’aides mobilisables sur 3 ans au regard des investissements prévus. Le dirigeant voit noir sur blanc ce qu’il peut espérer récupérer, et quand.
La combinaison : La plupart des acteurs travaillent sur un dispositif isolé. Nous synchronisons les subventions industrielles et les leviers d’innovation sur un même projet. C’est cette orchestration qui fait passer un investissement de 10 % à 50 % de financement public.
La brique scientifique : Beaucoup d’industriels n’ont pas de R&D formalisée. Nous la structurons à partir de leurs vrais enjeux d’industrialisation, avec nos laboratoires partenaires, pour ouvrir le CIR et le CII de façon sécurisée sur des dépenses qu’ils pensaient purement opérationnelles. Nous sommes l’un des rares acteurs capables de piloter un projet 100 % industriel tout en y intégrant cette dimension.
Et nous allons jusqu’au bout : audit, dossiers, échanges avec les financeurs, versement des fonds, puis ancrage de la stratégie dans l’entreprise pour pérenniser les aides année après année.
Pouvez-vous partager un exemple concret d'entreprise industrielle accompagnée sur la durée ?
Une PME industrielle que nous accompagnons depuis cinq à six ans. Nous avons commencé par le Crédit d’Impôt Recherche et Innovation. Au départ, leur R&D existait mais restait intuitive : des essais, des améliorations de process, rien de formalisé. Le premier travail a été de structurer : formaliser les travaux, clarifier les projets, évaluer les investissements, donner une cohérence globale à la démarche.
Cette base nous a ensuite permis d’aller chercher un dispositif beaucoup plus ambitieux, Innov’Eau, sur un projet d’une autre échelle. Ça a demandé un vrai effort de l’équipe, mais aujourd’hui leur R&D est organisée, pilotée et pensée dans la durée. Le dirigeant nous associe désormais à ses décisions d’investissement en amont, ce qui est exactement la logique du Programme Transformation.
Quel message souhaiteriez-vous adresser aux dirigeants industriels qui hésitent encore à se lancer ?
Ne financez pas votre modernisation à 100 % sur fonds propres et à crédit alors que 30 à 60 % peuvent venir de fonds publics non dilutifs.
Une projection d’aides mobilisables, c’est aussi un argument auprès de vos banquiers et investisseurs : elle montre que le projet est partiellement financé et que vous avez la capacité de le porter.
Et ça ne coûte rien de vérifier. Un audit suffit pour obtenir une première projection sur 3 ans. Si vous avez un projet CAPEX dans les 24 prochains mois, le bon moment pour en parler, c’est maintenant, pas après la signature du devis.
Conclusion
Le constat est simple : la plupart des projets industriels sont finançables bien au-delà de ce que les dirigeants imaginent, mais seulement si la démarche démarre avant l’engagement des dépenses.
Vous avez un projet CAPEX dans les 24 prochains mois ? Un audit gratuit suffit pour obtenir une première projection des aides mobilisables sur 3 ans.