Face à l’accélération des transformations industrielles, les entreprises doivent innover pour rester compétitives, tout en maîtrisant leurs investissements. Décarbonation, modernisation des procédés, intégration du numérique et de l’IA soulèvent des enjeux techniques, économiques et financiers majeurs.


Dans cette interview, Bryan Gunaratnarajah, expert en financement de l’innovation, partage son éclairage sur les dispositifs clés : CIR, CII et aides publiques. Il livre des conseils concrets pour structurer, financer et sécuriser durablement les projets industriels innovants.

bannière Bryan EIF Innovation interview innovation industrielle

Peux-tu te présenter et expliquer ton rôle ?

Je suis Bryan GUNARATNARAJAH, Consultant – Expert en Financement de l’Innovation depuis plus de 5 ans. Chez EIF Innovation, j’accompagne les entreprises industrielles à chaque étape de leurs projets innovants, avec un objectif clair : sécuriser et maximiser leurs financements publics. Concrètement, mon rôle consiste à :

  • Identifier les leviers permettant de récupérer une partie des investissements R&D via des dispositifs comme le CIR, le CII, le CICo, ou encore le CIMA
  • Maitriser les besoins de financement pour des nouveaux projets de R&D ou d’investissement, notamment grâce aux subventions.
  • Accompagner les entreprises dans l’organisation et la structuration de leur R&D, y compris via des collaborations avec des partenaires.

Quels sont les grands défis d’innovation actuels
pour les industriels ?

Actuellement, il y a principalement deux enjeux majeurs qui ressortent très clairement des missions que nous menons auprès des industriels : 

  • Transition écologique, environnementale et décarbonation: Les industriels sont de plus en plus engagés dans la réduction de leur empreinte carbone, que ce soit sur l’énergie, les matières premières ou la logistique. Ils travaillent également sur le développement de procédés et de matériaux plus durables, tout en intégrant des contraintes réglementaires environnementales toujours plus exigeantes. L’économie circulaire devient aussi un axe structurant, avec des projets autour du recyclage, du réemploi ou de la réduction des déchets.

 

  • L’intégration du Numérique et de l’IA au sein de leur activité du quotidien : en parallèle, on voit aussi que la digitalisation des pratiques et des procédés est un enjeu fort chez les acteurs de l’industrie, avec l’émergence des nouvelles technologies : IA, IoT, robotique, jumeaux numériques, … Ces technologies transforment profondément les pratiques industrielles. Mais elles soulèvent aussi de fortes problématiques : montée en compétences des équipes, intégration de technologies hétérogènes dans des systèmes existants, sécurisation des données.

 

Dans un contexte économique tendu, ces défis sont indissociables des enjeux financiers. Les industriels doivent continuer à innover, tout en arbitrant entre projets stratégiques et contraintes budgétaires.

Pourquoi l’innovation est-elle stratégique aujourd’hui
dans l’industrie ?

Au-delà des discours convenus sur l’innovation comme moteur de compétitivité pour rester performants sur les marchés et anticiper les évolutions réglementaires et environnementales. L’innovation aussi un moteur de la transformation des actifs industriels. L’innovation est la « clé » qui déverrouille les financements publics. Sans une part d’innovation démontrée, un projet de modernisation peut devenir un investissement subventionné.

Comment le CIR/CII peut concrètement aider
les entreprises industrielles ?

Le CIR est un levier de financement déjà bien identifié auprès des industriels, il leur permet de récupérer une partie significative des dépenses engagées en R&D.

Cet apport de trésorerie peut ensuite être réinvestie dans le recrutement de profils techniques, l’acquisition de nouveaux équipements ou la mise en place de collaboration de recherche.

Le CII, destiné aux PME, soutient le développement de nouveaux produits innovants. Malgré les ajustements de taux au fil des années, il reste un levier important pour financer les phases de conception et de mise sur le marché.

Existe-t-il d’autres sources de financement public ?

Oui, et la vraie valeur ajoutée est de savoir les combiner avec les dispositifs d’aides indirectes. Le plus intéressant pour les investissements en CAPEX sont les subventions. Elles ne sont pas automatiques, elles fonctionnent par appels à projets (AAP) :

Des prêts et avances récupérables gérées par Bpifrance permettent également de soulager la trésorerie au moment du lancement des projets

Quelles sont les erreurs ou difficultés que tu observes le plus souvent ?

Les principales difficultés sont de quatre ordres :

  • Décloisonner les différents services Production-R&D-Finance, il s’agit d’aligner l’ingénierie et la direction financière pour assurer un projet cohérent.
  • Structurer les verrous techniques liés aux investissements : une ligne de production innovante, une robotisation complexe ou un nouveau procédé de fabrication peut comporter une part de R&D.
  • Valoriser l’impact global (environnement & emploi) : les subventions ne financent plus seulement des machines, mais des trajectoires. L’impact sur la décarbonation, la souveraineté et la création d’emplois locaux est désormais le critère décisif pour débloquer les fonds.
  • Instaurer une traçabilité « native » : Ne reconstruisez pas votre dossier deux ans après. Documentez les preuves techniques et le temps passé au fil de l’eau pour garantir des preuves solides en cas de demande de l’administration.

Peux-tu partager un cas où un financement (CIR, CII, autre) a réellement fait la différence pour vos clients ?

Ce qui fait la différence, c’est la pérennisation et la diversification des sources de financement. Notre approche unique permet aux PME de sécuriser leur plan d’investissement. Au-delà du gain immédiat en trésorerie, cela a permet de structurer leur projet. Aujourd’hui, ils pilotent leurs investissements industriels comme des projets de R&D : tout est tracé, justifié et sécurisé. Le financement est devenu un outil de gestion interne qui rassure autant l’ensemble des parties prenantes.

Quels conseils donnerais-tu à une PME industrielle qui démarre un projet innovant ?

Dans un premier temps, se renseigner très en amont sur les dispositifs de financement mobilisables, voire se faire accompagner pour identifier les bons leviers.

Ensuite, oser !

L’innovation comporte forcément une part de risque, mais le temps et les ressources investis peuvent, sous certaines conditions, être financés via des dispositifs directs ou indirects.

Enfin, comme dit précédemment, structurer dès le départ le suivi du projet pour sécuriser les financements : tracer précisément le temps passé, consigner les travaux réalisés et documenter les choix techniques.

Comment peut-elle bien préparer son dossier pour maximiser ses chances ?

La clé réside dans l’anticipation et la structuration, dès les premières étapes du projet.

Pour les aides directes, il est essentiel d’échanger en amont avec les organismes financeurs comme l’ADEME ou Bpifrance afin de valider l’éligibilité du projet avant son lancement. Mais au-delà de cet échange, un accompagnement permet de transformer une idée innovante en un projet clairement formalisé : définition des verrous techniques, structuration du plan de développement, mise en cohérence des objectifs techniques, économiques et environnementaux.

Pour les aides indirectes, notamment le CIR, la préparation ne se limite pas à la phase déclarative. Il s’agit avant tout de structurer la R&D sur le long terme : organisation des projets, traçabilité des travaux, suivi des temps, formalisation des choix techniques. Le recours à un rescrit CIR auprès du ministère de la Recherche peut sécuriser l’éligibilité en amont, mais un accompagnement expert permet surtout de valoriser les travaux réalisés, de fiabiliser la documentation technique et d’ancrer de bonnes pratiques de R&D au sein de l’entreprise.

Quel message final aimerais-tu adresser aux industriels ?

Malgré le contexte économique et géopolitique incertain, avec de nombreuses incertitudes budgétaires, il est important de poursuivre les efforts de R&D. Les dispositifs restent particulièrement attractifs, comparé à ceux des pays voisins. L’enjeu est d’innover de manière plus structurée, en mesurant finement les risques et les opportunités, pour continuer à s’adapter et rester compétitif.

En quoi consiste votre accompagnement ?

Notre accompagnement repose sur une expertise de proximité, construite depuis plus de 15 ans. Concrètement, nous aidons nos clients à transformer les problématiques de leurs projets en véritables opportunités de financement. Grâce à notre méthodologie d’audit, nous identifions l’ensemble des projets éligibles, tout en les déchargeant au maximum des tâches administratives et en sécurisant la conformité des dossiers face aux demandes de l’administration. 

Au-delà des gains de temps et des bénéfices financiers, notre ambition est de faire de l’innovation un levier durable de croissance et de compétitivité. Ce qui fait notre différence, c’est l’accompagnement humain : nous travaillons main dans la main avec les équipes, sur le long terme, pour structurer leur écosystème R&D et diversifier leurs sources de financement. 

Votre projet, notre expertise

En remplissant ce formulaire, un expert EIF Innovation vous délivre un diagnostic gratuit sous 48h.